Cancer et radiologie interventionnelle : Un partenaire à chaque étape de votre parcours

Quand on parle de cancer, on pense spontanément à l’oncologue, au chirurgien, au radiothérapeute. La radiologie interventionnelle est moins connue du grand public, mais elle est présente à quasiment chaque étape du parcours de soins : pour poser l’accès veineux qui permettra les perfusions, pour prélever la biopsie qui établira le diagnostic, pour drainer une complication, pour traiter localement une tumeur sans chirurgie, ou pour soulager une douleur réfractaire.

Le radiologue interventionnel est un spécialiste de gestes guidés par l’imagerie — échographie, scanner, radioscopie — qui intervient dans le corps sans l’ouvrir. Ses actes sont précis, peu invasifs, et compatibles avec un retour à domicile le jour même dans la grande majorité des cas. Il n’est pas là pour remplacer les autres spécialistes, mais pour compléter ce qu’ils font, souvent là où les autres techniques n’atteignent pas facilement.

Cette page décrit les moments du parcours cancéreux où la radiologie interventionnelle joue un rôle concret. Chaque étape renvoie vers une page détaillée si vous souhaitez en savoir plus.

1. Avant le traitement : établir le diagnostic

La biopsie percutanée

Pour prescrire le bon traitement, il faut connaître la nature exacte de la tumeur. L’imagerie seule ne suffit pas toujours. La biopsie percutanée permet de prélever un fragment de tissu tumoral sous guidage échographique ou scanographique, à travers une aiguille fine et sans chirurgie. Le geste dure quelques minutes sous anesthésie locale. Il permet d’identifier le type histologique de la tumeur, de chercher des marqueurs moléculaires qui orientent vers des thérapies ciblées ou une immunothérapie, et parfois de découvrir que la lésion est bénigne, évitant ainsi tout traitement inutile.

Les biopsies percutanées sont réalisées sur tous les organes accessibles : foie, poumon, rein, chaînes ganglionnaires, masses abdominales, os et parties molles. Une sédation de confort est systématiquement proposée aux patients qui le souhaitent.

→ Page dédiée : Biopsie percutanée et ablation tumorale

2. Pendant le traitement : accéder aux veines sans les abimer

La chimiothérapie, l’immunothérapie et de nombreux traitements de support sont administrés par voie intraveineuse, parfois pendant des mois ou des années. Piquer les veines du bras à chaque cure abime progressivement le capital veineux du patient et expose à des incidents douloureux si un produit veineux agressif sort de la veine. Les dispositifs d’accès veineux implantables résolvent ce problème une fois pour toutes.

Le port-à-cathéter (PAC — DVI)

C’est le dispositif de référence pour les traitements de longue durée. Une petite chambre en titane, implantée sous la peau du thorax et reliée à une veine centrale, qui peut être piquée des centaines de fois sans se dégrader. Posé sous guidage échographique et radioscopique, sous anesthésie locale, avec des fils résorbables, en ambulatoire. Le dispositif est opérationnel immédiatement.

→ Page dédiée : Pose de port-à-cathéter (PAC — DVI)

Le PICC line

Pour les traitements de quelques semaines à quelques mois, le PICC line est une alternative plus simple : un cathéter souple introduit dans une veine du bras, sans incision thoracique, en moins de vingt minutes. Il est également la solution de premier choix lorsqu’un port-à-cathéter doit être retiré pour infection : le PICC assure la continuité du traitement le temps que la loge sous-cutanée se stérilise complètement avant qu’un nouveau PAC soit posé.

→ Page dédiée : Pose de PICC line

3. Pendant et après le traitement : gérer les complications

Le drainage des épanchements

Certains cancers — cancers du poumon, mésothéliome, cancers digestifs, ovéries — s’accompagnent d’épanchements liquidiens qui s’accumulent autour des poumons (plèvre) ou dans l’abdomen (péritoine). Ces épanchements provoquent une gêne respiratoire, un gonflement de l’abdomen, et une fatigue croissante. Les vider par ponction soulage immédiatement, mais lorsqu’ils récidivéent régulièrement, un cathéter de drainage permanent à demeure — de type PleurX® pour la plèvre — permet au patient ou à son infirmier de drainer à domicile sans hospitalisation répétée.

→ Page dédiée : Cathéter PleurX® — drainage pleural à domicile

Les obstructions des voies urinaires

Certaines tumeurs pelviennes — cancer du col de l’utérus, cancer de la prostate, métastases ganglionnaires — compriment les uretères et bloquent l’écoulement des urines. Le rein, privé de drainage, se dilate et souffre. La néphrostomie percutanée dérive immédiatement les urines à travers la peau pour soulager le rein. Un stent urétéral (sonde JJ) peut ensuite être mis en place pour rétablir un drainage interne, permettant de retirer le drain extérieur.

→ Page dédiée : Ponction, biopsie rénale et néphrostomie

Les douleurs osseuses par métastases

Les métastases vertébrales ou osseuses provoquées par les cancers du sein, du poumon, de la prostate ou du rein peuvent être source de douleurs intenses, résistantes aux antalgiques. La cimentoplastie percutanée — injection de ciment osseux dans la vertèbre ou l’os atteint — stabilise la structure et soulage la douleur dans plus de 80 % des cas, souvent dès le lendemain du geste. Elle peut être réalisée simultanément à une biopsie de la lésion si le diagnostic histologique n’est pas encore établi.

→ Page dédiée : Cimentoplastie et vertébroplastie

4. Traiter localement la tumeur : l’ablation percutanée

Pour certaines tumeurs — petite taille, bonne accessibilité, patient non opérable ou refusant la chirurgie — la radiologie interventionnelle peut proposer un traitement curatif ou de contrôle local sans ouverture chirurgicale. Une sonde fine est introduite jusqu’au cœur de la tumeur sous guidage précis, et la détruit en totalité par la chaleur (radiofrequence ou micro-ondes) ou par le froid (cryoablation). L’objectif est d’éliminer la tumeur en épargnant au maximum le tissu sain autour d’elle.

Les indications les mieux établies sont les petites tumeurs rénales, les nodules hépatiques primitifs ou métastatiques, les métastases pulmonaires et les tumeurs osseuses douloureuses. Ces techniques sont actuellement en plein essor : elles sont intégrées dans les recommandations nationales et européennes pour plusieurs types de cancers et font l’objet d’un développement actif dans notre pratique.

→ Page dédiée : Biopsie percutanée et ablation tumorale

5. Ce qui ne change pas, quel que soit le geste

Chaque acte de radiologie interventionnelle réalisé dans le cadre d’un parcours oncologique repose sur les mêmes engagements.

  • Vous ne souffrirez pas : tous les gestes sont réalisés sous anesthésie locale soigneusement conduite. Une sédation de confort — sans anesthésie générale — est systématiquement proposée aux patients qui le souhaitent. Vous restez conscient, détendu, et pris en charge à chaque instant.
  • Vous rentrerez chez vous le jour même : dans la grande majorité des cas, ces actes sont réalisés en ambulatoire. Votre traitement ne s’interrompt pas, votre vie quotidienne reprend rapidement.
  • Vous serez guidé avec précision : chaque geste est réalisé sous imagerie en temps réel dans la salle d’angiographie dédiée combinant fluoroscopie et scanner, dans un cadre d’asepsie norme ISO 5. Voir exactement où l’on va est la garantie de faire exactement ce qu’on a prévu.
  • Vous ferez partie d’une équipe : aucune décision d’ablation ou de traitement local n’est prise seul. Chaque dossier est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire avec les oncologues, chirurgiens et spécialistes d’organe concernés. La radiologie interventionnelle est un partenaire dans un soin global, pas une spécialité isolée.
Cancer et radiologie interventionnelle : Un partenaire à chaque étape de votre parcours