L’érection résulte d’un phénomène vasculaire complexe et finement régulé, dont le substrat anatomique est constitué par les deux corps caverneux du pénis — deux cylindres de tissu érectile parallèles, entourés chacun d’une gaine fibreuse inextensible appelée albuginée. Ces corps caverneux sont irrigués par les artères caverneuses, branches terminales de l’artère honteuse interne (artère pudentale interne), elle-même issue de l’artère iliaque interne (hypogastrique).
En l’absence de stimulation sexuelle, la musculature lisse des sinusoïdes caverneux est contractée : le flux sanguin intra-caverneux est minimal et le pénis est en état de flaccidité. Le drainage veineux s’effectue librement par les véinules sous-albuginéales vers les veines émissaires, puis vers la veine dorsale profonde et les veines caverneuses, et enfin vers la veine honteuse interne.
Le mécanisme véno-occlusif : la clé de la rigidité
Lors de la stimulation sexuelle, la libération de monoxyde d’azote (NO) par les terminaisons nerveuses et l’endothélium induit une relaxation de la musculature lisse caverneuse. Les sinusoïdes se dilatent et se remplissent de sang : le volume intra-caverneux augmente rapidement.
Ce remplissage provoque une expansion des corps caverneux contre l’albuginée inextensible. Sous l’effet de cette pression croissante, les véinules sous-albuginéales sont mécaniquement comprimesés entre le tissu caverneux distendu et l’albuginée, bloquant le drainage veineux. C’est le mécanisme véno-occlusif : la pression intra-caverneuse monte jusqu’à 80 à 100 mmHg, assurant la rigidité. En l’absence de ce verrouillage veineux, le sang afflue mais s’échappe simultanément : la rigidité ne peut s’établir.