Troubles urinaires chez l’homme : Quand la prostate est en cause

Vous vous levez plusieurs fois par nuit pour uriner. Votre jet est faible, hésitant, et vous avez l’impression de ne jamais vider complètement votre vessie. Uriner devient une source de gêne quotidienne. Après 50 ans, ces troubles touchent plus d’un homme sur deux et sont le plus souvent liés à un grossissement progressif de la prostate. Toutefois, d’autres causes existent — et toutes ne nécessitent pas la chirurgie. Cette page vous aide à comprendre l’origine de vos symptômes.

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Symptômes obstructifs et irritatifs : les reconnaître

Les troubles urinaires liés à la prostate se divisent en deux catégories, qui peuvent coexister chez le même patient. Leur distinction aide le médecin à évaluer la sévérité et à orienter le traitement.

Symptômes obstructifs (vidange)

Symptômes irritatifs (stockage)

Jet urinaire faible, lent à démarrer

Envies fréquentes d’uriner (pollakiurie)

Jet interrompu, miction en deux temps

Envies urgentes, difficiles à retenir

Sensation de vidange incomplète

Levers nocturnes (nycturie) — 2 fois ou plus

Effort pour uriner (poussée abdominale)

Brûlures mictionnelles

Gouttes retardataires après la miction

Fuites involontaires (incontinence par urgenturie)

 

Le score IPSS (International Prostate Symptom Score) est un questionnaire de 7 questions utilisé par les urologues pour évaluer la sévérité des troubles urinaires de 0 à 35. Un score supérieur à 8 justifie un bilan. Demandez-le à votre médecin ou remplissez-le avant votre consultation.

Adénome de la prostate : la cause la plus fréquente

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP ou adénome prostatique) est un grossissement non cancéreux de la prostate qui survient naturellement avec l’âge. La prostate entoure l’urètre — le canal par lequel l’urine sort de la vessie. En grossissant, elle comprime l’urètre et freine l’écoulement de l’urine, ce qui provoque l’ensemble des symptômes obstructifs et irritatifs décrits ci-dessus.

Quelques chiffres

  • 50 % des hommes de plus de 50 ans présentent une hypertrophie prostatique
  • 80 % des hommes de plus de 70 ans sont concernés
  • Seuls 30 % d’entre eux présentent des symptômes suffisamment gênants pour nécessiter un traitement

L’embolisation prostatique : l’alternative à la chirurgie

L’embolisation des artères prostatiques consiste à bloquer les artères qui nourrissent la prostate, provoquant sa réduction progressive de volume. L’intervention dure environ 1 h 30, sous anesthésie locale, par une simple ponction au poignet ou à l’aine. Le patient rentre chez lui le jour même.

Contrairement à la résection chirurgicale (RTUP) ou au laser, l’embolisation prostatique préserve l’éjaculation et la fonction érectile. C’est un argument décisif pour de nombreux patients.

Prostate — symptômes détaillés

Cancer de la prostate : des symptômes souvent silencieux

Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent en France. À un stade précoce, il est le plus souvent asymptomatique,  c’est pourquoi le dépistage est essentiel. Lorsque des symptômes apparaissent, ils peuvent être similaires à ceux de l’hypertrophie bénigne : troubles urinaires, jet faible, levers nocturnes. Des signes plus spécifiques : sang dans les urines ou le sperme, douleurs osseuses  peuvent indiquer un stade plus avancé.

Le dépistage

  • Dosage du PSA (antigène prostatique spécifique) par prise de sang
  • Toucher rectal
  • IRM prostatique multiparamétrique en cas de PSA élevé
  • Biopsie ciblée par voie transpérinéale — plus précise et plus sûre que la voie transrectale

Un PSA élevé ne signifie pas forcément un cancer. L’hypertrophie bénigne, la prostatite et même le vélo peuvent augmenter le PSA. Seule la biopsie permet de confirmer ou d’exclure un cancer.

Cancer de la prostate — symptômes

Angiomyolipome rénal : une cause plus rare mais traitable

L’angiomyolipome est une tumeur bénigne du rein, composée de vaisseaux sanguins, de muscle et de graisse. Le plus souvent découvert fortuitement à l’imagerie, il peut provoquer des douleurs lombaires et du sang dans les urines (hématurie) lorsqu’il atteint une certaine taille. Le risque principal est l’hémorragie rétropéritonéale en cas de rupture. Le traitement par embolisation permet de dévasculariser la tumeur et de réduire son volume sans chirurgie rénale. L’intervention préserve le rein et évite la néphrectomie partielle.

Angiomyolipome rénal — symptômes

Hypertrophie, cancer ou prostatite ? Comment s’orienter

Critère

Hypertrophie bénigne

Cancer prostate

Prostatite chronique

Âge typique

Après 50 ans

Après 50 ans

Tout âge (30-50 ans ++)

Début

Progressif, sur des mois/années

Souvent silencieux

Brutal ou insidieux

Symptômes urinaires

Oui — obstructifs et irritatifs

Possibles, similaires à l’HBP

Oui — surtout irritatifs + douleurs

Douleur

Non ou minime

Douleurs osseuses au stade avancé

Douleur périnéale, pelvienne, testiculaire

PSA

Peut être légèrement élevé

Souvent élevé

Peut être élevé (inflammation)

Examen clé

Écho-Doppler + débitmétrie

IRM + biopsie transpérinéale

ECBU + culture sperme

Traitement RI

Embolisation prostatique

Biopsie ciblée + traitements ciblés

Embolisation (formes chroniques)

 

Hypertrophie bénigne et cancer de la prostate peuvent coexister. Un PSA élevé chez un homme présentant des troubles urinaires impose toujours un bilan complet pour exclure un cancer sous-jacent.

Quand consulter en urgence

Consultez en urgence si : rétention urinaire aiguë (impossibilité totale d’uriner, douleur sus-pubienne intense), sang abondant dans les urines avec caillots, fièvre associée à des frissons et des brûlures urinaires (suspicion de prostatite aiguë ou pyélonéphrite).

Des solutions mini-invasives pour la prostate

La radiologie interventionnelle propose des alternatives à la résection chirurgicale de la prostate (RTUP) et au laser. L’embolisation prostatique est la technique phare : elle réduit le volume de la prostate de 30 à 50 % en quelques mois, avec un soulagement rapide des symptômes urinaires.

Critère

Embolisation prostatique

RTUP (chirurgie)

Laser (HoLEP/GreenLight)

Anesthésie

Locale

Rachianesthésie ou générale

Générale

Hospitalisation

Ambulatoire

2 à 4 jours

1 à 3 jours

Sonde urinaire

Non

2 à 5 jours

1 à 2 jours

Éjaculation

Préservée

Éjaculation rétrograde (60-90 %)

Éjaculation rétrograde (50-75 %)

Reprise activité

2 à 3 jours

2 à 4 semaines

1 à 3 semaines

Saignement

Quasi nul

Fréquent (lavage vésical)

Modéré

 

Quand consulter un spécialiste ?

Il convient de consulter si vous présentez l’un des signes suivants :

  • Vous vous levez 2 fois ou plus par nuit pour uriner
  • Votre jet urinaire est devenu faible ou hésitant
  • Vous avez la sensation de ne jamais vider complètement votre vessie
  • Vous avez plus de 50 ans et n’avez jamais réalisé de bilan prostatique
  • Votre urologue vous propose une résection (RTUP) mais vous souhaitez explorer d’autres options
  • Vous constatez du sang dans les urines ou le sperme

Pour préparer votre consultation, apportez votre dernier dosage de PSA, vos résultats d’échographie prostatique ou d’IRM si disponibles, et notez la fréquence de vos levers nocturnes ainsi que l’impact sur votre quotidien.

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