Pose de port-à-cathéter (PAC — DVI) : Pourquoi la faire en radiologie interventionnelle ?

Le port-à-cathéter, que les médecins appellent aussi PAC (port-à-cathéter) ou DVI (dispositif veineux implantable), est un petit réservoir placé sous la peau, relié à une veine centrale, qui permet d’administrer des traitements intraveineux sans piqûres répétées. Il est indispensable dans les parcours de chimiothérapie, d’immunothérapie, ou de tout traitement nécessitant des perfusions régulières sur plusieurs mois.

Sa pose est un acte chirurgical mineur. Mais tous les actes chirurgicaux mineurs ne se ressemblent pas. La façon dont ce geste est réalisé — avec quels outils, sous quel guidage, par qui, et avec quelle attention à la cicatrice — fait une différence réelle pour le patient. La radiologie interventionnelle offre sur ce point des avantages concrets, démontrés dans la littérature médicale, qui en font aujourd’hui la référence dans de nombreux établissements.

1. Qu’est-ce qu’un port-à-cathéter (PAC — DVI) ?

Un port-à-cathéter est composé de deux éléments solidaires : une petite chambre en titane ou en plastique médical, de la taille d’une grosse pièce de monnaie, implantée sous la peau au niveau de la paroi thoracique ; et un fin tuyau souple — le cathéter — qui relie cette chambre à une grande veine centrale située près du cœur, là où le flux sanguin est suffisamment puissant pour diluer immédiatement les produits administrés et protéger les veines périphériques.

Du côté de la peau, la chambre est recouverte d’une membrane en silicone qui peut être piquée plusieurs centaines de fois avec une aiguille spéciale — l’aiguille de Huber — sans se dégrader. Le patient ressent une légère pression sur la peau, mais plus les piqûres douloureuses dans le bras. Une fois le traitement terminé, le dispositif peut être retiré lors d’un geste tout aussi simple.

PAC ou DVI : les deux noms désignent le même dispositif

Vous entendrez peut-être votre oncologue parler de « PAC » et votre infirmière de « DVI ». Ce n’est pas une confusion : ce sont deux abréviations qui désignent exactement le même dispositif, utilisées différemment selon les établissements et les équipes. Dans tous les cas, il s’agit du même geste, du même matériel et du même suivi.

2. Pourquoi un radiologue interventionnel et non mon chirurgien ?

C’est la question la plus souvent posée, et elle est légitime. Historiquement, la pose de port-à-cathéter était réalisée par des chirurgiens. Aujourd’hui, dans la majorité des centres de référence en France et en Europe, ce geste est confié aux radiologues interventionnels. Ce n’est pas un choix arbitraire : c’est le résultat d’une évolution des pratiques fondée sur des données médicales solides.

La raison fondamentale est simple : le radiologue interventionnel travaille sous imagerie en temps réel tout au long du geste. Il dispose de deux outils de guidage simultanés que le chirurgien traditionnel n’utilise pas :

  • L’échographie permet de visualiser la veine cible avant et pendant la ponction, de contrôler en direct l’entrée de l’aiguille dans le vaisseau, et d’éviter les structures adjacentes — artère, nerf, pleutre pulmonaire. Ponctionner une veine à l’aveugle, même expérimenté, n’offre pas ce niveau de précision.
  • La radioscopie (fluoroscopie) 

Ce double guidage réduit significativement les risques de complications procédurales : pneumothorax (air dans le poumon), ponction artérielle, malposition du cathéter, hématome. Des études comparatives ont montré que la pose sous guidage échographique et fluoroscopique est associée à un taux de complications immédiates deux à trois fois inférieur à celui des poses réalisées par repérage anatomique seul (Biffi et al., Annals of Oncology, 2009 ; Voog et al., 2018). Ce n’est pas une question de compétence chirurgicale : c’est une question d’outil.

3. Une cicatrice soignée : un détail qui compte

Un port-à-cathéter s’accompagne d’une petite cicatrice visible sur le haut du thorax, généralement à quelques centimètres sous la clavicule. Pour de nombreux patients — en particulier les femmes en cours de traitement pour un cancer du sein — cette cicatrice représente un marqueur physique de la maladie. La façon dont elle est réalisée, et dont elle cicatrise, n’est pas anodine.

L’incision pratiquée en radiologie interventionnelle est précise, minimale et réalisée avec le souci du résultat esthétique. Une incision propre, de bonne longueur, sans traction excessive sur les bords de la peau, est la condition première d’une cicatrisation satisfaisante. Elle réduit également le risque de cicatrice élargie ou chéloïde — ces cicatrices surélevées et parfois inesthétiques qui peuvent apparaître lorsque la peau a été soumise à une tension ou une traumatisme excessif lors de la fermeture.

Des fils résorbables : aucun point à retirer

La fermeture de l’incision est réalisée avec des fils résorbables, qui se dissolvent seuls en quelques semaines sans laisser de traces. Cela signifie qu’il n’y a aucune consultation supplémentaire à prévoir pour le retrait des points, aucune contrainte de déplacement en période de traitement, et aucun risque d’infection lié à la manipulation des fils. La peau se referme proprement, sans intervention extérieure.

4. Le déroulement de la pose

La pose de port-à-cathéter est réalisée en ambulatoire, c’est-à-dire que le patient rentre chez lui le jour même. Elle se déroule sous anesthésie locale : la zone d’intervention est endormie, le patient est éveillé et peut communiquer tout au long du geste. Aucune anesthésie générale n’est nécessaire.

  • Installation et préparation : le patient est installé en décubitus, la zone claviculaire est nettoyée et champée de façon stérile. Une anesthésie locale est injectée au niveau de la peau et des tissus sous-jacents.
  • La ponction veineuse sous échographie : la veine cible — veine jugulaire interne ou veine sous-clavière selon l’anatomie du patient — est ponctionnée sous contrôle échographique direct. Le radiologue voit en temps réel l’aiguille entrer dans la veine.
  • La mise en place du cathéter sous radioscopie : un guide souple est introduit dans la veine, puis le cathéter est glissé jusqu’à sa position définitive. La radioscopie permet de contrôler en direct son cheminement et sa position exacte à la jonction veine cave supérieure / oreillette droite.
  • L’implantation de la chambre : une petite loge est créée sous la peau pour accueillir la chambre du port. Celle-ci est fixée et connectée au cathéter. Un contrôle final vérifie le bon fonctionnement du dispositif avant la fermeture.
  • La fermeture : l’incision est refermée avec des fils résorbables. Un pansement est appliqué. La procédure dure entre 30 et 45 minutes.
5. Les soins après la pose

Les premiers jours qui suivent la pose sont déterminants pour la qualité de la cicatrisation. Un protocole de soins simple et précis est remis au patient à la sortie, avec les coordonnées à contacter en cas de question.

Les soins infirmiers à domicile

Pendant une semaine, un(e) infirmier(e) passe tous les deux jours pour changer le pansement et vérifier l’état de la cicatrice. Ces soins sont prescrits sur ordonnance et pris en charge dans le cadre du parcours de soins habituel. Ils permettent de surveiller l’évolution locale, de détecter précocement tout signe d’infection, et de rassurer le patient dans les jours qui suivent la pose.

La cicatrice et l’eau

Pendant la durée des soins infirmiers, la cicatrice ne doit pas être mouillée. Les douches restent possibles à condition de protéger la zone avec un pansement étanche — disponible en pharmacie — qui permet de se laver normalement sans exposer la plaie à l’eau. Les bains et la piscine sont en revanche à éviter jusqu’à cicatrisation complète.

Les fils résorbables : rien à faire

Les fils utilisés pour la fermeture sont complètement résorbables : ils disparaissent seuls en deux à trois semaines. Il n’y a aucun point à retirer, aucune consultation supplémentaire imposée pour ce motif. C’est un confort réel en période de traitement, où les déplacements médicaux sont déjà nombreux.

Quand peut-on utiliser le port ?

Le dispositif peut être utilisé dès la pose si nécessaire, ou après une courte période de 24 à 48 heures selon le protocole de l’équipe d’oncologie. Un cliché thoracique de contrôle, réalisé en salle de radiologie interventionnelle immédiatement après la pose, confirme la bonne position du cathéter et l’absence de complication.

6. Ce que la radiologie interventionnelle apporte en plus

Au-delà de la sécurité procédurale liée au double guidage, la prise en charge en radiologie interventionnelle offre plusieurs avantages concrets qui font une différence dans le vécu du patient.

  • Une cicatrice soignée dès le départ : l’incision est précise et de taille minimale. La fermeture soignée avec des fils résorbables réduit le risque d’évolution vers une cicatrice chéloïde ou élargie, notamment chez les patients à peau sensible ou ayant des antécédents de mauvaise cicatrisation.
  • Pas d’anesthésie générale : le geste est réalisé sous anesthésie locale. Le patient reste conscient, la durée de surveillance post-interventionnelle est courte, et le retour à domicile le jour même est la règle.
  • Un geste de précision dans un environnement de bloc : la pose est réalisée dans une salle équipée d’une unité d’échographie et d’une salle d’angiographie dernière génération, dans des conditions de stérilité ISO 5 les plus exigeantes d’un bloc opératoire.
  • Un suivi simple et organisé : ordonnance de soins infirmiers remise à la sortie, pansements adaptés fournis, consignes claires sur la protection de la cicatrice, et interlocuteur identifié en cas de question.

Le Dr Massimiliano Di Primio — radiologie-interventionnelle.eu — réalise la pose de port-à-cathéter (PAC — DVI) sous guidage échographique et fluoroscopique continu, avec une attention particulière apportée au résultat esthétique de la cicatrice et au confort du patient tout au long du geste.

Pose de port-à-cathéter (PAC — DVI) : Pourquoi la faire en radiologie interventionnelle ?