Fractures vertébrales ostéoporotiques
L’ostéoporose est la cause la plus fréquente de fracture vertébrale. On estime que près de 700 000 fractures vertébrales ostéoporotiques surviennent chaque année en Europe. Chez la femme de plus de 80 ans, plus d’une sur deux en est porteuse, souvent sans en avoir conscience car certaines fractures sont peu ou pas douloureuses.
Lorsque la fracture est symptomatique — douleur dorsale ou lombaire aiguë, intensifiée à la mise en charge, soulagée par le décubitus — et qu’elle ne cède pas à un traitement antalgique bien conduit sur quelques semaines, la vertébroplastie est indiquée. Elle rétablit une stabilité mécanique immédiate, supprime la micro-mobilité douloureuse au foyer de fracture, et permet une reprise rapide de la mobilisation.
L’étude VERTOS II (Klazen et al., Lancet, 2010), portant sur des patients soigneusement sélectionnés avec fracture ostéoporotique récente et douloureuse, a montré la supériorité de la vertébroplastie sur le traitement conservateur seul en termes de soulagement de la douleur à un mois. La sélection rigoureuse des patients — fracture récente, œdème osseux visible à l’IRM — est la condition déterminante du succès.
Lésions vertébrales d’origine cancéreuse
Les métastases vertébrales et le myélome multiple représentent la deuxième grande indication de la vertébroplastie. Les cancers du sein, du poumon, de la prostate, du rein et de la thyroïde sont les plus fréquemment à l’origine de lésions vertébrales lytiques ou mixtes, susceptibles d’entraîner des tassements douloureux et une instabilité rachidienne.
Dans ce contexte, la cimentoplastie vertébrale répond à un objectif d’abord palliatif et antalgique : consolider une vertèbre menacée avant qu’elle ne s’effondre, ou stabiliser une vertèbre déjà tassée et douloureuse. Elle s’intègre dans un plan de traitement global qui peut inclure une radiothérapie locale, un traitement systémique ou une prise en charge antalgique médicamenteuse.
La biopsie osseuse réalisée dans le même temps
L’un des avantages majeurs de la radiologie interventionnelle dans ce contexte est la possibilité de réaliser, lors du même geste et sous le même guidage, une biopsie osseuse de la lésion concernée. Pour un patient porteur d’une tumeur vertébrale non encore caractérisée histologiquement, cela évite une procédure supplémentaire : une seule anesthésie locale, un seul abord percutané, une seule séance de salle ; le prélèvement est réalisé avant l’injection du ciment, puis la cimentoplastie est effectuée dans la foulée. Ce couplage diagnostic-thérapeutique est un argument fort de l’approche interventionnelle.
Fractures d’origine traumatique
Dans des situations sélectionnées, certaines fractures vertébrales d’origine traumatique peuvent bénéficier d’une vertébroplastie : fractures stables sans atteinte neurologique, fractures du sujet âgé à os fragile, ou fractures compliquées d’une nécrose du corps vertébral (maladie de Kümmell). Ce dernier tableau — où un vide intra-vertébral se forme plusieurs semaines ou mois après un traumatisme parfois modeste — est une indication particulièrement favorable à la vertébroplastie, le ciment venant remplir la cavité et stabiliser la vertèbre de façon définitive.