Goitre et nodules thyroïdiens : symptômes, causes et traitements

On commence par la maladie, pas par la technique.

Vous avez remarqué une boule à la base du cou ? Votre médecin vous a parlé d'un nodule, d'un goitre ou d'une thyroïde augmentée de volume ? Ces découvertes sont fréquentes et, dans la grande majorité des cas, bénignes.

Un nodule thyroïdien est une zone localisée qui se développe à l'intérieur de la thyroïde. Un goitre correspond à une augmentation du volume de la glande. Lorsque celle-ci contient plusieurs nodules, on parle de goitre multinodulaire.

Beaucoup de nodules restent petits et ne provoquent aucun symptôme. D'autres augmentent progressivement de volume. Ce sont surtout ces nodules volumineux et les goitres importants qui peuvent devenir gênants.

C'est conforme aux recommandations ETA : la majorité des nodules sont bénins, asymptomatiques et ne nécessitent pas de traitement. PubMed Central (PMC)

Encadré rassurant :

Un nodule n'est pas synonyme de cancer.
La grande majorité des nodules thyroïdiens sont bénins. Le bilan sert précisément à distinguer les nodules simplement à surveiller de ceux qui nécessitent des examens ou un traitement.

 

Quels symptômes peut provoquer un goitre ou un gros nodule ?

Ici, on commence progressivement à sélectionner le patient qui pourrait un jour relever d'un traitement interventionnel.

Tant qu'un nodule reste petit, il passe souvent inaperçu. Lorsqu'il augmente de volume, les symptômes sont surtout liés à la place qu'il occupe dans le cou.

Vous pouvez ressentir une boule ou une masse à la base du cou, une sensation de pression, un inconfort lorsque vous portez un col serré ou simplement une gêne esthétique.

Un goitre plus volumineux peut exercer une pression sur les structures voisines et provoquer une gêne pour avaler, une sensation de corps étranger dans la gorge ou, dans certaines situations, une gêne respiratoire.

Certains goitres descendent progressivement derrière le sternum : on parle de goitre plongeant ou rétrosternal.

Les symptômes compressifs, l'extension médiastinale et les préoccupations esthétiques font partie des situations prises en compte lorsqu'on envisage de traiter une maladie nodulaire bénigne. PubMed Central (PMC)

 

« Ce n'est pas forcément hormonal »

Un gros nodule peut provoquer une gêne mécanique alors que la thyroïde fonctionne normalement. À l'inverse, certains nodules peuvent produire trop d'hormones. Le volume de la thyroïde et son fonctionnement sont deux choses différentes.

 

Pourquoi apparaît-il et comment savoir s'il faut le traiter ?

Un goitre ou un nodule peut avoir plusieurs origines. L'âge, les antécédents familiaux, les variations de l'apport en iode et différents mécanismes propres à la thyroïde peuvent favoriser le développement de nodules.

Avec le temps, certains nodules grossissent alors que d'autres restent parfaitement stables.

Mais il ne faut surtout pas faire trois pages sur Hashimoto/Basedow : ce n'est pas notre cible éditoriale.

On passe rapidement au bilan :

La première étape consiste à déterminer trois choses :

Le nodule est-il bénin ?
La thyroïde fonctionne-t-elle normalement ?
Le volume du nodule ou du goitre explique-t-il vos symptômes ?

Puis :

échographie → EU-TIRADS → TSH → cytoponction si indiquée → scanner si goitre volumineux/plongeant.

L'ETA recommande effectivement une évaluation clinique, biologique et échographique initiale ; la nécessité d'une cytoponction dépend ensuite notamment du risque échographique et de la taille. PubMed Central (PMC)

SCHÉMA 3 : LE PARCOURS DIAGNOSTIQUE

Boule/gêne cervicale
↓
Échographie + TSH
↓
Nodule bénin ?
↓
Petit et asymptomatique → surveillance
Volumineux et symptomatique → discuter un traitement

 


 

Les nodules de la thyroïde : Symptômes, causes et traitements

Avec l’âge, il est fréquent que des petites masses de cellules indépendantes se développent aux dépends de la thyroïde. Ces masses sont appelés des nodules, et concernent plus d’une femme sur deux passé et un homme sur cinq passé 60ans. C’est donc une pathologie extrêmement fréquente. 5 % d’entre eux sont des cancers à prendre en charge, et 5% des nodules restants sont hypersécrétants et toxiques.

Nodules de la thyroïde : Symptômes et hyperthyroïdie

La grande majorité des nodules thyroïdiens sont asymptomatiques : Ils sont souvent découverts par hasard sur un examen d’imagerie, et rien ne laissait suspecter leur présence. Les nodules thyroïdiens sont moins massifs que le goitre thyroïdien. Il est donc rare que les nodules de la thyroïde expriment des symptômes liés à la compression des structures du cou.

Néanmoins, les nodules thyroïdiens peuvent produire des hormones thyroïdiennes en excès. Le corps est surchargé d’hormones thyroïdiennes et entre en hyperthyroïdie. Puisque la thyroïde est suractive et présente des nodules, un goitre multinodulaire de la thyroïde apparait et cause les symptômes On peut alors observer :

  • Une perte de poids paradoxale : Une fonte musculaire et adipeuse accompagné d’une augmentation paradoxale de l’appétit est très significatif d’une hyperthyroïdie.
  • Un trouble anxiodépressif marqué d’une grande fatigue : Les mécanismes du stress sont sur-stimulées par les hormones thyroïdiennes, ce qui fatigue le système nerveux et suractive les zones responsables de l’anxiété.
  • Un dysfonctionnement de la thermorégulation : Le métabolisme corporel est accéléré par la thyroïde et génère énormément de chaleur. Les patients développent souvent une mal tolérance aux températures élevées, dite thermophobie.
  • Une exophtalmie : Rarement, l’hyperthyroïdie s’accompagne de dépôts graisseux derrière les yeux. Les yeux ont alors l’air de sortir de leurs orbites. C’est un signe rarement mais très évocateur d’une hyperthyroïdie.
  • Chez les femmes, l’hyperthyroïdie peut s’accompagner de menstruations irrégulières.

Ces signes sont inconstants d’un individu à l’autre, selon l’activité du nodule ou son volume.

Causes

Le plus souvent, aucune cause évidente n’est retrouvée. Le développement des nodules thyroïdiens est un mécanisme multifactoriel, qui mêle :

  • Le vieillissement : C’est le principal facteur de risques de l’apparition des nodules thyroïdiens.
  • Des prédispositions génétiques : On observe une récurrence du développement de nodules thyroïdiens dans certaines familles
  • L’existence d’antécédents de pathologies thyroïdiennes : Le risque est augmenté chez les patients ayant souffert de maladies thyroïdiennes
  • Les antécédents médicaux : L’irradiation des cervicales, dans le traitement d’un cancer par exemple, est susceptible de favoriser l’apparition de nodules thyroïdiens

5 à 10% des nodules sont malins, et évoluent en cancer de la thyroïde. Parmi les 90% de nodules restants, jusqu’à 15% d’entre eux sécrètent des hormones thyroïdiennes en excès et dérégulent le corps. Les nodules malins et les nodules bénins hypersécrétant sont tous les deux à traiter compte tenu de leur risque sur le pronostic vital.

Traitement

Plusieurs modalités sont possibles :

  • Jusque-là, le traitement chirurgical était la principale intervention : Le patient est hospitalisé, et le chirurgien retire une partie ou la totalité de la thyroïde. Le traitement est efficace puisque les nodules sont extraits avec la thyroïde, mais prive le corps d’hormones thyroïdiennes. Ces hormones sont vitales, et un traitement de substitution est alors prescrit à vie. Il laisse également une longue cicatrice visible sur le cou.
  • Depuis 20ans, l’ablation des nodules thyroïdiens et l’hyperthyroïdie associée par radiofréquence est un traitement naturel qui s’est largement développée. A l’aide d’une aiguille et d’un guidage par échographie en temps réel, le praticien envois des impulsions radiofréquences dans le nodule. Les impulsions radiofréquences détruisent le nodule sans abimer le tissu thyroïdien autour. Ni cicatrice ni traitement de long cours ne sont à prévoir.
  • Il est également possible de traiter les nodules thyroïdiens par micro-injection d’une solution d’éthanol presque pure. L’éthanol déshydrate le nodule, et le prive de la circulation sanguine. Le nodule se désagrège petit à petit et est éliminé par le corps sans avoir à retirer des fragments de thyroïde. L’intervention ne laisse aucune cicatrice et la thyroïde reste fonctionnelle : Il n’est pas nécessaire d’installer un traitement de substitution à vie.
Goitre et nodules thyroïdiens : symptômes, causes et traitements