Pose de dispositifs veineux et de drainage : Port-à-cathéter, PICC line, PleurX et cathéter de dialyse en radiologie interventionnelle

La pose de dispositifs veineux implantables ou de cathéters de drainage fait partie des actes les plus fréquemment réalisés en radiologie interventionnelle. Qu’il s’agisse d’un port-à-cathéter ou DVI pour une chimiothérapie, d’un PICC line pour une antibiothérapie prolongée, d’un cathéter PleurX pour le drainage d’un épanchement pleural ou péritonéal récidivant, ou d’un cathéter de dialyse pour un accès d’hémodialyse urgent : chacun de ces gestes répond à une indication médicale précise, et tous bénéficient en radiologie interventionnelle d’un niveau de précision et de sécurité que la technique conventionnelle ne peut pas toujours offrir.

Ces procédures sont réalisées dans une salle d’angiographie dédiée combinant fluoroscopie et scanner, dans un cadre d’asepsie norme ISO 5, sous anesthésie locale +- sédation en ambulatoire dans la grande majorité des cas. Le patient rentre le jour même avec un dispositif fonctionnel, contrôlé et documenté.

1. Pourquoi confier ces poses à la radiologie interventionnelle ?

La réponse tient en deux mots : guidage et précision. Tous ces gestes ont en commun d’introduire un dispositif dans une cavité ou un vaisseau qui ne se voit pas à l’œil nu. La radiologie interventionnelle est la spécialité qui opère sous imagerie en temps réel depuis ses origines : c’est sa nature, pas une option supplémentaire.

  • L’échographie en temps réel permet de visualiser la veine, l’épanchement ou l’espace cible avant et pendant la ponction. L’aiguille est vue à chaque instant, les structures adjacentes — artère, nerf, pleutre — sont identifiées et évitées.
  • La radioscopie et le scanner permettent de contrôler la progression et la position finale du dispositif avec une précision millimétrique. Un cathéter mal positionné dès la pose est la première cause de dysfonctionnement ultérieur.
  • La traçabilité immédiate : chaque pose donne lieu à un compte rendu détaillé mentionnant le type de matériel, la voie d’abord, la position de l’extrémité du cathéter et les éléments de contrôle final. Ce document est indispensable pour les soins infirmiers ultérieurs et la gestion du dispositif.

Les données publiées sont concordantes : la pose sous double guidage échographique et radioscopique réduit le taux de complications immédiates — pneumothorax, ponction artérielle, malposition — de façon significative par rapport aux techniques de repérage anatomique seul (Biffi et al., Annals of Oncology, 2009).

2. Les dispositifs posés

Le port-à-cathéter (PAC — DVI)

Dispositif entièrement implanté sous la peau, composé d’une chambre en titane et d’un cathéter central. Il est la référence pour les traitements intraveineux de longue durée : chimiothérapie, immunothérapie, nutrition parentérale, perfusions itératives. Pas de portion externe, pas de contrainte quotidienne. La pose laisse une petite cicatrice thoracique refermée avec des fils résorbables, sans point à retirer.

→ Page dédiée : Pose de port-à-cathéter (PAC — DVI)

Le PICC line

Cathéter souple introduit dans une veine du bras, extrémité en position centrale à la jonction veine cave supérieure–oreillette droite. Mêmes indications que le PAC pour les traitements de quelques semaines à quelques mois. Aucune incision thoracique, pose en moins de 20 minutes, retrait immédiat par simple traction infirmière en fin de traitement.

Le PICC est également l’alternative de premier choix en cas d’infection de la loge d’un port-à-cathéter : le PAC infecté est retiré, et un PICC est posé dans le même temps ou à très court terme pour assurer la continuité du traitement. Le PICC permet de laisser le temps à la loge sous-cutanée de se stériliser complètement sous couverture antibiotique, avant de reposer un nouveau PAC dans de bonnes conditions — évitant ainsi de multiplier les cicatrices et de reopérer en territoire infecté.

→ Page dédiée : Pose de PICC line

Le cathéter PleurX®

Le cathéter PleurX® est un dispositif de drainage pleural à demeure, conçu pour les épanchements pleuraux récidivants liés à une pathologie sous-jacente incurable — métastases pleurales, carcinose, insuffisance cardiaque ou hépatique avancée. Il permet au patient ou à son infirmier de drainer l’épanchement à domicile, sans hospitalisation répétée pour ponctions pleurales itératives.

Le cathéter est introduit sous guidage échographique dans l’espace pleural, tunnelé sous la peau pour éviter les remontions accidentelles, et muni d’une valve unidirectionnelle permettant un drainage propre avec un kit de drainage spécifique. La pose est réalisée en ambulatoire sous anesthésie locale.

Le cathéter de dialyse

Le cathéter de dialyse — également appelé cathéter veineux central à double lumière pour hémodialyse — est un dispositif d’accès veineux central de gros calibre, dont les deux voies permettent simultanément l’aspiration et le retour du sang au débit requis par la machine de dialyse. Il est posé en urgence ou en urgence différée, en coordination avec l’équipe de néphrologie, lorsqu’une hémodialyse doit débuter avant qu’une fistule artério-veineuse soit créée ou mature.

La pose est réalisée sous guidage échographique et contrôle radioscopique, en salle d’angiographie dédiée. Le dispositif est utilisable immédiatement après la procédure.

→ Page dédiée : Cathéter de dialyse — accès veineux pour hémodialyse

3. Ce que ces gestes ont en commun

Malgré leurs indications et leurs cibles différentes, tous ces dispositifs partagent les mêmes conditions de réalisation et le même niveau d’exigence.

  • Anesthésie locale : aucune anesthésie générale n’est nécessaire. Le patient est éveillé, une sédation de confort est faite, le patient sous sédation peut communiquer tout au long du geste.
  • Ambulatoire : le retour à domicile le jour même est la règle. Une hospitalisation de 24 heures peut être organisée selon le contexte clinique.
  • Double guidage systématique : échographie pour la ponction, radioscopie et/ou scanner pour le positionnement final. Le contrôle de résultat est effectué avant la fin de la procédure.
  • Dispositif opérationnel immédiatement : chaque dispositif est testé et validé fonctionnel avant que le patient ne quitte la salle. Le traitement peut débuter sans délai.
  • Réactivité : l’absence de circuit anesthésique et les contraintes réduites d’organisation permettent de proposer des créneaux dans les 24 à 72 heures. Pour les situations urgentes, la prise en charge peut être organisée le jour même.
4. Le suivi après la pose : ce que doit savoir le patient

Chaque dispositif a ses propres exigences de suivi. Elles sont détaillées dans les pages dédiées. Quelques principes communs s’appliquent à tous.

  • Un compte rendu de pose est remis à la sortie : il précise le type de matériel, la voie utilisée, la longueur du cathéter inséré et la longueur externe. Ce document doit accompagner le patient à chaque consultation et être présenté à l’infirmière à domicile dès le premier soin.
  • Une ordonnance de soins infirmiers est prescrite dès la sortie : elle couvre les soins de surveillance, les changements de pansements et les contrôles de bonne fonction selon un calendrier adapté au type de dispositif.
  • La cicatrice ne doit pas être mouillée dans les premiers jours : des pansements étanches sont disponibles en pharmacie pour permettre les douches sans exposer la plaie.
  • Tout signe inhabituel justifie un appel immédiat : fièvre sans autre cause, rougeur ou écoulement au site d’insertion, difficulté à perfuser, ou gonflement anormal du bras pour un PICC.
Pose de dispositifs veineux et de drainage : Port-à-cathéter, PICC line, PleurX et cathéter de dialyse en radiologie interventionnelle