Lorsqu’une vertèbre s’effondre, elle perd de la hauteur à sa partie antérieure ou centrale. Ce tassement modifie l’équilibre sagittal de la colonne en augmentant la courbure thoracique — la cyphose — au-delà de ses valeurs normales. Stabilisé par la vertébroplastie simple, ce tassement est certes douloureux à court terme mais laisse la déformation en place.
Or les conséquences d’une hypercyphose progressive ne sont pas uniquement esthétiques. Elles sont fonctionnelles et parfois neurologiques :
- Surcharge des niveaux adjacents : chaque vertèbre tassée et non corrigée reporte des contraintes anormales sur les niveaux sus et sous-jacents, augmentant le risque de nouvelle fracture. Les études épidémiologiques ont montré qu’une première fracture vertébrale multiplie par cinq le risque de fracture ultérieure au niveau adjacent dans l’année suivante.
- Déséquilibre sagittal chronique : l’hypercyphose oblige le patient à une compensation posturale permanente des segments sous-jacents (hyperlordose lombaire), source de douleurs chroniques et de fatigue musculaire para-vertébrale.
- Réduction du volume thoracique : dans les tassements dorsaux multiples, l’effondrement cumulatif réduit la capacité respiratoire et contribue à l’altération de la fonction ventilatoire, particulièrement chez les patients âgés.
- Risque de souffrance médullaire : dans les tassements importants avec recul du mur postérieur, un fragment osseux peut réduire le canal rachidien. La correction de la déformation permet dans certains cas de réduire ce recul et de libérer partiellement le canal.
La restauration de la hauteur vertébrale n’est donc pas un objectif esthétique : c’est un objectif fonctionnel et préventif, qui prend toute son importance dans les fractures récentes où l’os n’est pas encore consolidé en position de tassement.