Artériographie et reins fragiles : comment le dioxyde de carbone (CO2) protège vos reins à Mougins
Le Dr Massimiliano Di Primio, radiologue interventionnel, pratique l'artériographie au dioxyde de carbone (CO2) à l'Hôpital Privé Arnault Tzanck (Mougins), pour les patients de Nice, Monaco, Saint-Laurent-du-Var, Cannes, Grasse, Antibes, Sophia-Antipolis et l'ensemble de la Côte d'Azur.
Vous devez passer une artériographie et l'on vous a signalé une fragilité rénale ? C'est l'une des inquiétudes les plus fréquentes en radiologie interventionnelle. Il existe depuis plus de trente ans une alternative au produit de contraste iodé, validée par de nombreuses études scientifiques, et particulièrement adaptée aux patients insuffisants rénaux : le dioxyde de carbone (CO2).
Qu'est-ce qu'une artériographie ?
L'artériographie est un examen radiologique qui permet de visualiser l'intérieur des artères : rétrécissements (sténoses), bouchons (occlusions), anévrismes ou anomalies vasculaires. Elle est réalisée par un cathéter introduit dans une artère (poignet ou aine), avec injection d'un produit qui rend les vaisseaux visibles sous rayons X. Elle sert aussi bien au diagnostic qu'au traitement, en guidant de nombreux gestes : angioplastie, pose de stent, embolisation.
Pourquoi l'insuffisance rénale complique un examen classique
Le produit de contraste iodé classique, très efficace pour l'imagerie, est filtré et éliminé par les reins. Chez un patient dont la fonction rénale est déjà diminuée (insuffisance rénale chronique, diabète ancien, âge avancé, déshydratation), il peut aggraver temporairement — voire durablement — le travail des reins : c'est la néphropathie induite par les produits de contraste (NIPC).
Dans une cohorte britannique de patients en insuffisance rénale chronique, le risque de néphropathie augmentait de 0,7 % par millilitre de produit iodé injecté, et un volume supérieur à 25 mL prédisait la survenue d'une néphropathie avec une sensibilité de 94,4 %¹.
Le dioxyde de carbone (CO2) : une alternative validée par la science
Le CO2 utilisé en imagerie n'est pas un médicament au sens classique : c'est un gaz naturellement présent dans l'organisme, produit en permanence par le métabolisme et évacué à chaque respiration. Injecté avec précaution dans une artère, il déplace transitoirement le sang et permet de visualiser le vaisseau sous rayons X, comme le ferait un produit iodé — mais il n'est ni filtré ni éliminé par les reins : il repart par la circulation veineuse jusqu'aux poumons, où il est expiré. Il n'est ni toxique pour le rein, ni allergisant.
Les résultats de l'angiographie au CO2 : ce que montrent les études
Point de vigilance à connaître : dans le registre japonais, des complications directement liées au CO2 sont survenues chez 17,3 % des patients — le plus souvent mineures et résolutives, mais deux cas d'ischémie mésentérique non occlusive (complication rare mais grave) ont été rapportés sur les 98 patients de la cohorte². C'est précisément pour limiter ce type d'incident que la maîtrise du volume et de la pression d'injection est essentielle — d'où l'intérêt d'un injecteur dédié.
Angiodroid : un injecteur automatisé pour une sécurité optimale
L'injection de CO2 demande une grande précision : le volume et la pression doivent être parfaitement contrôlés pour garantir un examen efficace et sûr. C'est pour cette raison que le cabinet utilise Angiodroid, un injecteur automatique dédié à l'angiographie au CO2.
Ce dispositif médical, certifié CE et déjà utilisé dans plusieurs centaines de milliers de procédures dans le monde, dose et injecte le gaz de façon reproductible, en évitant les manipulations manuelles approximatives (seringues, robinets) des anciennes méthodes. Il en résulte un examen plus sûr, plus confortable, et des images de meilleure qualité.
Comment se déroule l'examen à l'Hôpital Privé Arnault Tzanck (Mougins)
Une petite ponction est réalisée, le plus souvent au niveau du poignet ou de l'aine, sous anesthésie locale et sédation par anesthésiste.
Un cathéter fin est positionné jusqu'à la zone à explorer.
Le CO2 est injecté par petites quantités grâce à l'injecteur Angiodroid, avec un intervalle de quelques minutes entre chaque injection pour laisser le gaz se résorber naturellement.
Les images sont analysées en temps réel par le radiologue interventionnel.
L'examen se déroule en ambulatoire ou avec une courte hospitalisation, selon le geste associé (diagnostic seul ou geste thérapeutique).
Pour qui cette technique est-elle particulièrement indiquée ?
Insuffisance rénale chronique
Diabète associé à une fragilité rénale
Antécédent d'allergie sévère à l'iode
Patients âgés poly-pathologiques suivis sur la Côte d'Azur pour une artériopathie des membres inférieurs, une pathologie rénale vasculaire ou un bilan pré-opératoire
Limites et précautions
L'angiographie au CO2 est réservée aux territoires artériels situés sous le diaphragme (aorte abdominale, artères digestives, artères rénales, artères des membres inférieurs). Elle n'est pas adaptée aux territoires cérébral et coronaire, en raison du risque de bulle gazeuse dans ces circulations sensibles. La qualité d'image reste également moins constante sur les petits vaisseaux distaux que sur les gros troncs artériels³, ce qui explique qu'une petite dose d'iode reste parfois utile en complément, évaluée au cas par cas par votre radiologue.
Questions fréquentes
Le CO2 remplace-t-il totalement l'iode ? Pas systématiquement : chez certains patients, une petite quantité d'iode reste utile en complément. La proportion CO2/iode est adaptée à chaque situation et à la fonction rénale du patient.
L'injection de CO2 est-elle douloureuse ? Non, elle est généralement bien tolérée. Certains patients décrivent une sensation de chaleur ou de tiraillement bref au moment de l'injection.
Cette technique est-elle disponible pour tous les examens vasculaires ? Elle est indiquée pour l'aorte abdominale, les artères digestives, rénales et des membres inférieurs. Elle n'est pas utilisée pour les artères cérébrales ou coronaires.
Dois-je arrêter un traitement avant l'examen ? Cela dépend de votre traitement (anticoagulants notamment) et sera précisé lors de la consultation préalable avec le Dr Di Primio.
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Hôpital Privé Arnault Tzanck, Mougins
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Secrétariat : 07 45 89 37 36
Email : secretariatdrdiprimio@gmail.com
Doctolib : Dr Di Primio – Tzanck Mougins
Cet article a un objectif d'information générale et ne remplace pas une consultation médicale. Seul votre radiologue interventionnel peut déterminer si l'artériographie au CO2 est adaptée à votre cas.
Sources
Diamantopoulos A, Patrone L, Santonocito S, Theodoulou I, Ilyas S, Dourado R, et al. Carbon dioxide angiography during peripheral angioplasty procedures significantly reduces the risk of contrast-induced nephropathy in patients with chronic kidney disease. CVIR Endovasc. 2020;3:9.
Fujihara M, Kawasaki D, Shintani Y, et al. Endovascular therapy by CO2 angiography to prevent contrast-induced nephropathy in patients with chronic kidney disease: a prospective multicenter trial of CO2 angiography registry. Catheter Cardiovasc Interv. 2015;85:870-877.
Mohamed Ali, Noureldin M, El Kashef O, Zaghlol H. Safety and Effectiveness of Carbon Dioxide Contrast Medium in Infra-Inguinal Endovascular Interventions for Patients With Chronic Threatening Lower Limb Ischemia and Renal Impairment: A Multicentric Trial. 2024.
Safety of CO2- and Gadodiamide-Enhanced Angiography for the Evaluation and Percutaneous Treatment of Renal Artery Stenosis in Patients with Chronic Renal Insufficiency. AJR Am J Roentgenol. 2001.
CO₂ angiography offers clinical advantages over iodinated contrast in endovascular aneurysm repair: a systematic review and meta-analysis. 2025.
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