Embolisation ou hystérectomie du fibrome utérin | Dr Di Primio
Qu'est-ce qu'un fibrome utérin ?
Le fibrome utérin (ou myome) est une tumeur bénigne du muscle utérin, la plus fréquente des tumeurs pelviennes féminines. Il peut provoquer des règles abondantes (ménorragies), des douleurs pelviennes, une sensation de pesanteur, des troubles urinaires par compression, ou des difficultés de fertilité selon sa localisation et sa taille.
Cette pathologie concerne environ 40 % des femmes, principalement en âge de procréer. Les fibromes ne présentent pas de risque accru de cancer de l'utérus et ne mettent pas la vie en danger. Ce sont la douleur et les saignements associés qui altèrent la qualité de vie et justifient une prise en charge.
Deux options thérapeutiques existent historiquement : l'hystérectomie (ablation chirurgicale de l'utérus) et, depuis les années 1990, l'embolisation des artères utérines (EAU), qui interrompt la vascularisation du fibrome par voie percutanée, sans retirer l'utérus.
L'embolisation convient-elle à tous les fibromes ?
La taille, le nombre et la localisation des fibromes conditionnent l'indication. Les fibromes sont classés selon leur emplacement dans la paroi utérine.
Fibromes intramuraux. Le type le plus fréquent, enfoui dans la paroi musculaire de l'utérus, susceptible d'étirer et de déformer l'organe.
Fibromes sous-séreux. Développés à l'extérieur de la paroi utérine, ils peuvent devenir volumineux au point que l'utérus paraisse plus grand d'un côté.
Fibromes sous-muqueux. Développés dans la couche musculaire située sous la paroi interne, ils progressent vers la cavité utérine et sont les plus souvent impliqués dans les troubles de la fertilité.
Fibromes pédonculés. Le type le moins fréquent, relié à l'utérus par une fine tige.
Les fibromes peuvent aller de petites excroissances semblables à des petits pois à des formations dont le diamètre dépasse 15 cm, et une même patiente peut en présenter un seul comme plusieurs. Les petits fibromes asymptomatiques ne nécessitent souvent aucun traitement : une surveillance suffit. Ce sont les fibromes volumineux et ceux qui entraînent des complications qui justifient une intervention.
L'indication d'embolisation est posée au cas par cas, après imagerie. Le praticien adapte sa stratégie en fonction du bilan et des objectifs de la patiente, notamment en présence d'un projet de grossesse.
Quels symptômes l'embolisation permet-elle de traiter ?
L'objectif thérapeutique est de réduire le volume des fibromes afin de faire régresser les manifestations cliniques qu'ils provoquent.
Les règles abondantes et prolongées. Ces ménorragies constituent le motif de consultation le plus fréquent. Répétées cycle après cycle, elles entraînent une anémie responsable de fatigue et de vertiges.
Les douleurs pelviennes et abdominales. Elles peuvent être intenses et retentir sur les activités quotidiennes, y compris les rapports sexuels.
La sensation de pesanteur et les troubles urinaires par compression. Un fibrome volumineux exerce une pression sur les organes voisins, en particulier la vessie.
Les difficultés de fertilité. Les fibromes sous-muqueux peuvent déformer la cavité utérine et perturber l'implantation de l'ovule fécondé. Les fibromes volumineux peuvent obstruer les trompes et réduire les chances de conception.
La maladie reste néanmoins souvent asymptomatique, découverte fortuitement lors d'un examen clinique pelvien ou d'une échographie réalisée pour un autre motif. En l'absence de symptôme, aucune intervention n'est justifiée.
Embolisation ou hystérectomie : ce que disent les études
Le risque hémorragique
L'essai randomisé EMMY, qui a comparé directement les deux traitements, n'a rapporté aucun besoin de transfusion sanguine chez les patientes traitées par embolisation, contre 13,3 % chez celles opérées par hystérectomie. Une cohorte nord-américaine plus large (NSQIP, environ 172 000 patientes) confirme un taux de transfusion de 4,3 % après hystérectomie pour fibrome.
Le risque d'incontinence urinaire à long terme
La méta-analyse la plus robuste à ce jour sur le sujet (Chang et al., American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2025 — 3,5 millions de participantes cumulées) montre que l'hystérectomie est associée, dans les 10 années suivant l'intervention, à un risque accru d'incontinence urinaire non spécifique (+29 %), d'incontinence d'effort (+31 %), d'hyperactivité vésicale (+41 %) et d'incontinence mixte (+62 %). Au-delà de 10 ans, le risque d'incontinence d'effort atteint +140 %, et celui de prolapsus des organes pelviens +56 %.
La sécurité de l'embolisation elle-même
Une méta-analyse portant sur 8 159 patientes (Toor et al., American Journal of Roentgenology, 2012) rapporte un taux de complications majeures de 2,9 % après embolisation, sans décès rapporté sur l'ensemble des études incluses.
Le déroulement de l'embolisation, étape par étape
1. Consultation et diagnostic
Examen clinique et échographie ou IRM pelvienne pour caractériser le ou les fibromes, discussion de vos symptômes et de vos objectifs (fertilité, confort de vie).
2. Bilan d'imagerie préalable
Une IRM pelvienne précise le nombre, la taille et la localisation des fibromes afin de confirmer l'indication et de planifier le geste.
3. L'embolisation
Réalisée sous anesthésie locale, par une simple ponction au niveau de l'aine ou du poignet, dans une salle d'angiographie dédiée combinant fluoroscopie et scanner dans un cadre d'asepsie norme ISO 5. Hospitalisation courte, le plus souvent une nuit.
4. Suivi post-embolisation
Consultation de contrôle et coordination avec votre gynécologue habituel pour évaluer l'amélioration des symptômes.
Après l'embolisation : suites et récupération
Il est fréquent que les patientes constatent des pertes vaginales aqueuses ainsi que de légers saignements pendant plusieurs semaines. Certaines rapportent également une légère fièvre, des nausées, des douleurs, de la fatigue ou des vomissements dans les jours qui suivent l'intervention. Ces symptômes disparaissent habituellement d'eux-mêmes, la prise d'un antalgique restant possible selon les conseils du médecin.
Les effets secondaires observés au point de ponction se limitent le plus souvent à des ecchymoses et à des douleurs localisées, qui régressent en quelques jours.
La reprise du travail et des activités de la vie quotidienne intervient habituellement une semaine après l'embolisation, contre 4 à 6 semaines après une hystérectomie. Les symptômes et la qualité de vie s'améliorent de manière significative quelques semaines après l'intervention, et les menstruations reviennent généralement à la normale.
Il s'agit par ailleurs d'un traitement unique, et non d'une série de séances, ce qui permet de fixer la date de l'intervention en fonction de vos contraintes.
⚠️ Risques, limites et contre-indications
Aucune technique, même mini-invasive, n'est dénuée de risque. Il convient de les exposer clairement.
Les complications majeures sont rapportées dans 2,9 % des cas selon la méta-analyse de Toor et al. portant sur 8 159 patientes, sans décès rapporté sur l'ensemble des études incluses. Ce chiffre situe l'embolisation parmi les procédures à faible taux de complication, sans pour autant l'annuler.
Les effets indésirables bénins sont en revanche fréquents : douleurs pelviennes dans les heures suivant l'intervention, syndrome post-embolisation associant fièvre modérée, nausées et fatigue, pertes vaginales prolongées.
La fertilité future constitue la principale limite documentée. L'embolisation préserve l'utérus et une grossesse reste possible après l'intervention, mais les effets de la procédure sur la fertilité et sur le déroulement d'une grossesse ultérieure demeurent incertains. Chez une patiente porteuse d'un projet de grossesse, cette incertitude doit être exposée et pesée avant toute décision.
Toutes les patientes ne relèvent pas de cette technique. L'indication dépend du bilan d'imagerie, du nombre et de la localisation des fibromes. Certaines situations orientent vers la myomectomie ou, plus rarement, vers l'hystérectomie. Une consultation préalable avec examen clinique et imagerie est indispensable : aucune décision ne peut être prise sur la seule lecture de cette page.
❓ Questions fréquentes
Où consulter le Dr Di Primio ?
Le Dr Massimiliano Di Primio reçoit ses patientes sur plusieurs sites, en fonction de votre lieu de vie :
Fibrome utérin à Mougins — Hôpital Privé Arnault Tzanck
Fibrome utérin à Nice — à 25 min via l'A8
Fibrome utérin à Cannes — à 15 min
Fibrome utérin à Monaco — via Mougins, à 35 min
Fibrome utérin à Paris — Hôpital Américain de Paris et Centre Vasculaire Victor Hugo
Sources et références scientifiques
[1] Hehenkamp WJK et al. Uterine artery embolization versus hysterectomy in the treatment of symptomatic uterine fibroids (EMMY trial): peri- and postprocedural results. Am J Obstet Gynecol. 2005;193(5):1618-29.
[2] Chang OH, Saldanha IJ, et al. Associations between hysterectomy and pelvic floor disorders: a systematic review and meta-analysis. Am J Obstet Gynecol. 2025;233(3):141-151.e6. doi:10.1016/j.ajog.2025.03.018
[3] Toor SS, Jaberi A, et al. Complication rates and effectiveness of uterine artery embolization in the treatment of symptomatic leiomyomas: a systematic review and meta-analysis. AJR Am J Roentgenol. 2012;199(5):1153-1163. doi:10.2214/AJR.11.8362
[4] Cohorte NSQIP (American College of Surgeons) — facteurs associés à la transfusion sanguine lors d'hystérectomie, ~172 000 patientes.
Cette page a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.
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