Embolisation ou hystérectomie du fibrome utérin | Dr Di Primio

par Dr Massimiliano Di Primio et Pr Vania Tacher | 10 Sep, 2026 |

 

DR MASSIMILIANO DI PRIMIO

Radiologue Interventionnel - Guide complet

Fibrome utérin : tout comprendre sur l'embolisation

Le guide de référence, avec les études scientifiques à l'appui

Cette page rassemble les données scientifiques et le déroulement complet de l'embolisation des fibromes utérins.

Vous cherchez un centre près de chez vous ? Retrouvez nos pages dédiées à Mougins, Nice, Cannes, Monaco et Paris en bas de cet article.

 

0 % vs 13,3 %

+29 à 62 %

Utérus préservé

2,9 %

transfusion sanguine : embolisation vs hystérectomie (essai EMMY)

risque d'incontinence urinaire après hystérectomie (Chang, AJOG 2025)

aucune ablation chirurgicale

taux de complications majeures de l'embolisation (Toor, AJR 2012)

 

  Qu'est-ce qu'un fibrome utérin ?

 

Le fibrome utérin (ou myome) est une tumeur bénigne du muscle utérin, la plus fréquente des tumeurs pelviennes féminines. Il peut provoquer des règles abondantes (ménorragies), des douleurs pelviennes, une sensation de pesanteur, des troubles urinaires par compression, ou des difficultés de fertilité selon sa localisation et sa taille.

Cette pathologie concerne environ 40 % des femmes, principalement en âge de procréer. Les fibromes ne présentent pas de risque accru de cancer de l'utérus et ne mettent pas la vie en danger. Ce sont la douleur et les saignements associés qui altèrent la qualité de vie et justifient une prise en charge.

Deux options thérapeutiques existent historiquement : l'hystérectomie (ablation chirurgicale de l'utérus) et, depuis les années 1990, l'embolisation des artères utérines (EAU), qui interrompt la vascularisation du fibrome par voie percutanée, sans retirer l'utérus.



Mécanismes, causes et facteurs de risque en détail → La page dédiée au fibrome utérin

 

 L'embolisation convient-elle à tous les fibromes ?

La taille, le nombre et la localisation des fibromes conditionnent l'indication. Les fibromes sont classés selon leur emplacement dans la paroi utérine.

 

  • Fibromes intramuraux. Le type le plus fréquent, enfoui dans la paroi musculaire de l'utérus, susceptible d'étirer et de déformer l'organe.

  • Fibromes sous-séreux. Développés à l'extérieur de la paroi utérine, ils peuvent devenir volumineux au point que l'utérus paraisse plus grand d'un côté.

  • Fibromes sous-muqueux. Développés dans la couche musculaire située sous la paroi interne, ils progressent vers la cavité utérine et sont les plus souvent impliqués dans les troubles de la fertilité.

  • Fibromes pédonculés. Le type le moins fréquent, relié à l'utérus par une fine tige.

 

Les fibromes peuvent aller de petites excroissances semblables à des petits pois à des formations dont le diamètre dépasse 15 cm, et une même patiente peut en présenter un seul comme plusieurs. Les petits fibromes asymptomatiques ne nécessitent souvent aucun traitement : une surveillance suffit. Ce sont les fibromes volumineux et ceux qui entraînent des complications qui justifient une intervention.

 

L'indication d'embolisation est posée au cas par cas, après imagerie. Le praticien adapte sa stratégie en fonction du bilan et des objectifs de la patiente, notamment en présence d'un projet de grossesse.

 

 Quels symptômes l'embolisation permet-elle de traiter ?

L'objectif thérapeutique est de réduire le volume des fibromes afin de faire régresser les manifestations cliniques qu'ils provoquent.

 

  • Les règles abondantes et prolongées. Ces ménorragies constituent le motif de consultation le plus fréquent. Répétées cycle après cycle, elles entraînent une anémie responsable de fatigue et de vertiges.

  • Les douleurs pelviennes et abdominales. Elles peuvent être intenses et retentir sur les activités quotidiennes, y compris les rapports sexuels.

  • La sensation de pesanteur et les troubles urinaires par compression. Un fibrome volumineux exerce une pression sur les organes voisins, en particulier la vessie.

  • Les difficultés de fertilité. Les fibromes sous-muqueux peuvent déformer la cavité utérine et perturber l'implantation de l'ovule fécondé. Les fibromes volumineux peuvent obstruer les trompes et réduire les chances de conception.

La maladie reste néanmoins souvent asymptomatique, découverte fortuitement lors d'un examen clinique pelvien ou d'une échographie réalisée pour un autre motif. En l'absence de symptôme, aucune intervention n'est justifiée.

 

Le détail des symptômes et de la démarche diagnostique → Symptômes et diagnostic des fibromes



 Embolisation ou hystérectomie : ce que disent les études

 

Le risque hémorragique

L'essai randomisé EMMY, qui a comparé directement les deux traitements, n'a rapporté aucun besoin de transfusion sanguine chez les patientes traitées par embolisation, contre 13,3 % chez celles opérées par hystérectomie. Une cohorte nord-américaine plus large (NSQIP, environ 172 000 patientes) confirme un taux de transfusion de 4,3 % après hystérectomie pour fibrome.

Le risque d'incontinence urinaire à long terme

La méta-analyse la plus robuste à ce jour sur le sujet (Chang et al., American Journal of Obstetrics and Gynecology, 2025 — 3,5 millions de participantes cumulées) montre que l'hystérectomie est associée, dans les 10 années suivant l'intervention, à un risque accru d'incontinence urinaire non spécifique (+29 %), d'incontinence d'effort (+31 %), d'hyperactivité vésicale (+41 %) et d'incontinence mixte (+62 %). Au-delà de 10 ans, le risque d'incontinence d'effort atteint +140 %, et celui de prolapsus des organes pelviens +56 %.

La sécurité de l'embolisation elle-même

Une méta-analyse portant sur 8 159 patientes (Toor et al., American Journal of Roentgenology, 2012) rapporte un taux de complications majeures de 2,9 % après embolisation, sans décès rapporté sur l'ensemble des études incluses.

 

?  À retenir

▸  L'embolisation préserve l'utérus, contrairement à l'hystérectomie.

▸  Le risque hémorragique péri-opératoire est significativement plus faible après embolisation.

▸  Le risque d'incontinence urinaire à long terme est significativement plus élevé après hystérectomie.

▸  L'embolisation se réalise sous anesthésie locale, sans ouverture chirurgicale.

 

  Le déroulement de l'embolisation, étape par étape

 

1. Consultation et diagnostic

Examen clinique et échographie ou IRM pelvienne pour caractériser le ou les fibromes, discussion de vos symptômes et de vos objectifs (fertilité, confort de vie).

2. Bilan d'imagerie préalable

Une IRM pelvienne précise le nombre, la taille et la localisation des fibromes afin de confirmer l'indication et de planifier le geste.

3. L'embolisation

Réalisée sous anesthésie locale, par une simple ponction au niveau de l'aine ou du poignet, dans une salle d'angiographie dédiée combinant fluoroscopie et scanner dans un cadre d'asepsie norme ISO 5. Hospitalisation courte, le plus souvent une nuit.

4. Suivi post-embolisation

Consultation de contrôle et coordination avec votre gynécologue habituel pour évaluer l'amélioration des symptômes.

 

Après l'embolisation : suites et récupération

Il est fréquent que les patientes constatent des pertes vaginales aqueuses ainsi que de légers saignements pendant plusieurs semaines. Certaines rapportent également une légère fièvre, des nausées, des douleurs, de la fatigue ou des vomissements dans les jours qui suivent l'intervention. Ces symptômes disparaissent habituellement d'eux-mêmes, la prise d'un antalgique restant possible selon les conseils du médecin.

 

Les effets secondaires observés au point de ponction se limitent le plus souvent à des ecchymoses et à des douleurs localisées, qui régressent en quelques jours.

 

La reprise du travail et des activités de la vie quotidienne intervient habituellement une semaine après l'embolisation, contre 4 à 6 semaines après une hystérectomie. Les symptômes et la qualité de vie s'améliorent de manière significative quelques semaines après l'intervention, et les menstruations reviennent généralement à la normale.

 

Il s'agit par ailleurs d'un traitement unique, et non d'une série de séances, ce qui permet de fixer la date de l'intervention en fonction de vos contraintes.

 

Le déroulé détaillé et les suites de l'embolisation → Traitement des fibromes par embolisation

 

⚠️ Risques, limites et contre-indications

Aucune technique, même mini-invasive, n'est dénuée de risque. Il convient de les exposer clairement.

 

Les complications majeures sont rapportées dans 2,9 % des cas selon la méta-analyse de Toor et al. portant sur 8 159 patientes, sans décès rapporté sur l'ensemble des études incluses. Ce chiffre situe l'embolisation parmi les procédures à faible taux de complication, sans pour autant l'annuler.

 

Les effets indésirables bénins sont en revanche fréquents : douleurs pelviennes dans les heures suivant l'intervention, syndrome post-embolisation associant fièvre modérée, nausées et fatigue, pertes vaginales prolongées.

 

La fertilité future constitue la principale limite documentée. L'embolisation préserve l'utérus et une grossesse reste possible après l'intervention, mais les effets de la procédure sur la fertilité et sur le déroulement d'une grossesse ultérieure demeurent incertains. Chez une patiente porteuse d'un projet de grossesse, cette incertitude doit être exposée et pesée avant toute décision.

 

Toutes les patientes ne relèvent pas de cette technique. L'indication dépend du bilan d'imagerie, du nombre et de la localisation des fibromes. Certaines situations orientent vers la myomectomie ou, plus rarement, vers l'hystérectomie. Une consultation préalable avec examen clinique et imagerie est indispensable : aucune décision ne peut être prise sur la seule lecture de cette page.



❓  Questions fréquentes

 

❓  L'embolisation est-elle plus risquée que l'hystérectomie ?

Non : les données disponibles montrent au contraire un risque hémorragique péri-opératoire et un risque d'incontinence urinaire à long terme significativement plus faibles après embolisation qu'après hystérectomie.

 

❓  Pourrai-je encore avoir des enfants après une embolisation ?

L'embolisation préserve l'utérus, contrairement à l'hystérectomie. La question de la fertilité future doit être discutée individuellement en consultation selon votre âge et votre projet de grossesse.

 

❓  Combien de temps dure la convalescence ?

La reprise d'une activité normale est en général plus rapide qu'après une chirurgie ouverte, avec une hospitalisation courte (souvent une nuit) et pas d'incision chirurgicale.

 

❓  L'intervention est-elle prise en charge par l'assurance maladie ?

L'embolisation des fibromes utérins est un acte reconnu, remboursable selon votre régime d'assurance maladie. Un devis vous est remis en amont afin de clarifier votre prise en charge.



❓ Combien de temps dure l'intervention elle-même ?

Entre 30 et 90 minutes en général. La durée dépend du nombre de fibromes et de la complexité de leur vascularisation.

 

❓ L'embolisation est-elle douloureuse ?

L'injection de l'anesthésique local constitue le moment le plus inconfortable. La procédure elle-même se déroule sans douleur. Des douleurs pelviennes peuvent en revanche survenir dans les heures et les jours qui suivent, et sont prises en charge par un traitement antalgique.

 

❓ Faut-il répéter l'intervention ?

Il s'agit d'un traitement unique et non d'une série de séances. Un suivi permet de vérifier la régression des fibromes et l'amélioration des symptômes.

 

❓ Puis-je venir accompagnée ? Vous pouvez être accompagnée d'une personne de confiance lors de la consultation et le jour de l'intervention. Le secrétariat précise les modalités d'accueil de l'établissement concerné.

 

Où consulter le Dr Di Primio ?

 

Le Dr Massimiliano Di Primio reçoit ses patientes sur plusieurs sites, en fonction de votre lieu de vie :

 

TROUVER VOTRE SITE DE CONSULTATION

Dr Massimiliano Di Primio — Radiologue Interventionnel


  • Mougins : Hôpital Privé Arnault Tzanck
  •  Nice, Cannes, Monaco : via l'Hôpital Privé Arnault Tzanck (Mougins)
  • Paris : Hôpital Américain de Paris (Neuilly-sur-Seine) et Centre Vasculaire Victor Hugo (Paris 16e)

?  Secrétariat : 07 45 89 37 36  |  Prise de RDV : Doctolib

 

Sources et références scientifiques

 

[1]  Hehenkamp WJK et al. Uterine artery embolization versus hysterectomy in the treatment of symptomatic uterine fibroids (EMMY trial): peri- and postprocedural results. Am J Obstet Gynecol. 2005;193(5):1618-29.

[2]  Chang OH, Saldanha IJ, et al. Associations between hysterectomy and pelvic floor disorders: a systematic review and meta-analysis. Am J Obstet Gynecol. 2025;233(3):141-151.e6. doi:10.1016/j.ajog.2025.03.018

[3]  Toor SS, Jaberi A, et al. Complication rates and effectiveness of uterine artery embolization in the treatment of symptomatic leiomyomas: a systematic review and meta-analysis. AJR Am J Roentgenol. 2012;199(5):1153-1163. doi:10.2214/AJR.11.8362

[4]  Cohorte NSQIP (American College of Surgeons) — facteurs associés à la transfusion sanguine lors d'hystérectomie, ~172 000 patientes.

 

Cette page a un but informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.

Poster le commentaire
Total comments:

At the moment there are no comments. Be the first to leave your review!

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Embolisation ou hystérectomie du fibrome utérin | Dr Di Primio