Embolisation utérine (fibrome, adénomyose) et fertilité : ce que la science établit formellement
Le Dr Massimiliano Di Primio, radiologue interventionnel, pratique l'embolisation utérine pour le traitement du fibrome et de l'adénomyose, sur deux pôles :
Côte d'Azur : Hôpital Privé Arnault Tzanck (Mougins), pour les patientes de Nice, Monaco, Saint-Laurent-du-Var, Cannes, Antibes et l'ensemble des Alpes-Maritimes
Paris / Neuilly-sur-Seine : Hôpital Américain de Paris, Centre Vasculaire Victor Hugo (Paris 16e)
L'un des atouts majeurs de l'embolisation, souvent sous-estimé dans le choix thérapeutique, est qu'elle ne laisse aucune cicatrice sur le muscle utérin — contrairement à la myomectomie, qu'elle soit réalisée par laparotomie ou par cœlioscopie. Cette particularité a des conséquences concrètes sur le déroulement d'une grossesse ultérieure.
L'absence de cicatrice myométriale : un avantage structurel sur le risque de rupture utérine
La myomectomie, quelle que soit la voie d'abord, nécessite une incision du muscle utérin pour extraire le ou les fibromes, suivie d'une suture. Cette cicatrice myométriale expose à un risque, certes faible mais réel et bien documenté, de rupture utérine lors d'une grossesse ou d'un accouchement ultérieur :
Le taux de rupture utérine après myomectomie est estimé à 0,44–0,75 % des grossesses selon les plus larges séries publiées (54 146 myomectomies suivies de grossesse dans l'une d'elles)¹ ².
Ce taux atteint 0,2 % après myomectomie par laparotomie et jusqu'à 0,4–0,6 % après myomectomie cœlioscopique³ ⁴.
Ce risque est comparable à celui d'une rupture sur cicatrice de césarienne (0,3–1,1 %), et la rupture peut être silencieuse jusqu'à un stade avancé de la grossesse, parfois découverte seulement lors d'une césarienne en urgence⁵.
L'embolisation, qui n'entraîne aucune incision du muscle utérin, ne crée pas ce type de cicatrice fragile — c'est un avantage structurel qui mérite d'être connu des patientes envisageant une grossesse ultérieure, en particulier pour les fibromes volumineux ou multiples où la myomectomie impliquerait plusieurs incisions myométriales.
Le délai recommandé avant une grossesse après embolisation
Un délai d'au moins 6 mois entre l'embolisation et une tentative de conception est classiquement recommandé, le temps que la réduction du volume fibromateux et la cicatrisation utérine se stabilisent⁶. De nombreuses équipes, dont celles suivant les plus larges cohortes publiées, préconisent par prudence un délai de 12 mois avant d'entamer une grossesse⁶ ⁷ — ce délai permet également de s'assurer de la disparition complète de tout résidu fibromateux nécrosé et de la normalisation de la cavité utérine à l'imagerie de contrôle.
Ce que montre l'essai randomisé de référence (FEMME)
L'essai FEMME, principal essai contrôlé randomisé comparant embolisation et myomectomie chez des femmes souhaitant conserver leur utérus, a suivi 254 patientes sur 4 ans. Chez les femmes ayant exprimé un désir de grossesse : 15 grossesses sont survenues dans le groupe embolisation contre 7 dans le groupe myomectomie (taux cumulé à 4 ans : 15 % vs 6 %), pour 7 et 5 naissances vivantes respectivement (hazard ratio 0,48 ; IC 95 % : 0,18–1,28)⁸. Aucune différence significative n'a été retrouvée sur les taux d'hormones marqueurs de la réserve ovarienne entre les deux groupes⁸.
Les chiffres de grossesse après embolisation seule
Une cohorte française de 398 patientes de moins de 43 ans, traitées par embolisation à visée fertilité pour fibrome et/ou adénomyose, avec protection ovarienne systématique en cas d'anastomose utéro-ovarienne à risque, retrouve⁹ :
148 grossesses et 109 naissances vivantes sur la cohorte
74 naissances à terme, 23 naissances prématurées (35,1 semaines d'aménorrhée en moyenne)
Un taux de succès clinique global de 91,2 % (résolution des symptômes)
La réserve ovarienne : un risque concentré après 45 ans
Une revue de référence conclut que l'altération de la fonction ovarienne après embolisation est concentrée chez les femmes de plus de 45 ans, avec très peu d'éléments en faveur d'un impact chez les femmes de moins de 40 ans¹⁰.
Une méta-analyse dédiée aux marqueurs biologiques (AMH, FSH) ne retrouve pas d'effet significatif de l'embolisation sur la réserve ovarienne¹¹.
L'incidence d'une ménopause précoce par insuffisance ovarienne après embolisation chez les femmes de moins de 45 ans est rapportée à 1–2 %¹².
Ce que recommandent formellement les sociétés savantes françaises
En France, la position a formellement évolué : les recommandations pour la pratique clinique du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) sur la prise en charge des ménorragies (2022) recommandent, pour la première fois, l'embolisation des artères utérines au même titre que la myomectomie chez une patiente exprimant un désir de grossesse immédiat — alors qu'elle était auparavant réservée aux femmes ne souhaitant plus concevoir¹³. Le CNGOF précise que ce traitement, bien que non systématiquement proposé en première intention, n'affecte pas la fertilité selon les données récentes, sous réserve d'informer la patiente d'un risque accru de fausse couche¹³.
Tableau récapitulatif
En pratique : chez une patiente jeune (< 40 ans) avec un désir de grossesse, l'embolisation constitue une option fertility-sparing solide, sans risque de cicatrice myométriale, avec un délai d'attente de 6 à 12 mois avant conception. Elle garde une place de choix en cas de fibromes multiples ou d'adénomyose associée, situations où la myomectomie impliquerait plusieurs incisions utérines. La décision reste individualisée et discutée conjointement avec le gynécologue.
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Côte d'Azur — Hôpital Privé Arnault Tzanck, Mougins
Consultations et interventions pour les patientes de Nice, Monaco, Saint-Laurent-du-Var, Cannes, Antibes, Mougins et l'ensemble des Alpes-Maritimes.
Paris / Neuilly-sur-Seine — Hôpital Américain de Paris
Consultations et interventions également disponibles au Centre Vasculaire Victor Hugo (Paris 16e).
Secrétariat : 07 45 89 37 36
Email : secretariatdrdiprimio@gmail.com
Doctolib : Dr Di Primio – Tzanck Mougins
Doctolib : Dr Di Primio – Paris / Neuilly-sur-Seine
Sources
Gil Y, et al. Risk of uterine rupture after myomectomy: population-based study, 54 146 myomectomies suivies de grossesse. 2020.
The risk of uterine rupture after myomectomy: a systematic review of the literature and meta-analysis. Gynecol Surg. 2014. Taux global 0,75 %.
Risk of uterine rupture after myomectomy by laparoscopy or laparotomy. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol X. 2020.
Management of Myomectomy Scar Pregnancy: A Scoping Review. J Clin Med. 2025.
Silent Rupture of Previous Myomectomy Scar in Pregnancy at 27 Weeks. Cas clinique et revue de littérature.
Pregnancy After Uterine Artery Embolization for Symptomatic Fibroids: A Series of 15 Pregnancies. AJR Am J Roentgenol. 2008.
Serres-Cousine O, Kuijper FM, Curis E, et al. Clinical investigation of fertility after uterine artery embolization. Am J Obstet Gynecol. 2021;225(4):403.e1-403.e22.
Sirkeci F, et al. Effects on heavy menstrual bleeding and pregnancy of uterine artery embolization (UAE) or myomectomy: the FEMME randomized controlled trial. Int J Gynaecol Obstet. 2023.
Clinical investigation of fertility after uterine artery embolization. Am J Obstet Gynecol. 2021 (cohorte de 398 patientes).
The Impact of Uterine Artery Embolization on Ovarian Function. J Vasc Interv Radiol. 2013.
El Shamy T, et al. The impact of uterine artery embolization on ovarian reserve: a systematic review and meta-analysis. Acta Obstet Gynecol Scand. 2020.
Tulandi T, Salamah M. Premature ovarian failure after uterine artery embolization — cité dans les revues de littérature dédiées à la réserve ovarienne post-embolisation.
Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique : Prise en charge des ménorragies. 2022.
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