L’insertion du stent, réalisée par un radiologue interventionnel, a vu son efficacité et sa sûreté d’emploi analysée de près. Un cathéter recouvert d’une gaine est inséré dans une voie d’abord vasculaire, généralement située au pli de l’aine. A l’aide d’un guidage radiographique, qui permet au praticien de visualiser les vaisseaux sanguins, il déplace le cathéter au sein du réseau vasculaire jusqu’à atteindre la veine lésée. Une fois atteinte, un stent y est déposé, qui sert de nouvelle paroi pour la veine et encaisse la pression sanguine à sa place. Une re-vascularisation des veines est donc mise en place grâce à cette angioplastie.
Plusieurs études, dont une portant sur 40 patients souffrant d’œdème à la suite d’une phlébite ou thrombose à la jambe gonflée, ont été menées pour quantifier l’efficacité de ce traitement. La perméabilité primaire de la veine traitée, est restaurée chez 93% des patients pendant les 6 mois suivants l’intervention, et chez 85% des patients pendant les 12 mois suivants l’intervention. Une fois la perméabilité restaurée, la cause de l’œdème est résolue, la jambe dégonfle et les douleurs disparaissent. Ces chiffres témoignent de l’efficacité de la pose endovasculaire d’un stent, et sont d’autant plus impressionnants qu’ils s’accompagnent d’une diminution chez tous les patients des symptômes liés aux complications de la phlébite ou thrombose de la jambe gonflée à la suite de ce traitement : le score de Villalta moyen chute de 11.5 avant intervention à 5.0.
La sûreté d’emploi a également été étudiée : chez environ 5% des patients, un risque de re-thrombose de la jambe anciennement gonflée existe à la suite de ce traitement. Ce chiffre est faible, et cette éventualité peut être évitée par la prise en charge d’un traitement anticoagulant en prévention, chez les œdèmes de la jambe dont le terrain serait particulièrement à risque. Aucun autre effet indésirable ayant nécessité une nouvelle intervention médicale n’a été rapporté, ce qui rend la pose de stent par voie endovasculaire particulièrement sûre d’emploi dans le traitement d’un œdème causé par une phlébite de la jambe gonflée.
Si la balance bénéfice/risque de cette intervention est exceptionnelle comparée aux alternatives thérapeutiques disponibles, elle reste néanmoins difficile d’accès : c’est une intervention technique, requérant la maîtrise de nouvelles technologies et protocoles opératoires médicaux. Si le nombre de cliniques adéquatement équipées pour la pose d’un stent par voie endovasculaire est faible, le nombre de praticiens la maitrisant pour proposer une intervention réussie l’est encore plus.